Construire son arbre généalogique.

Construire son arbre généalogique

Valérie PARLAN.

Rechercher ses aïeux, un truc de vieux ? Pas du tout, les enfants aiment jouer les détectives dans leur propre famille. C’est drôle et instructif.

Un présent riche du passé

Quelle drôle d’idée de proposer à un enfant de plonger dans son passé pour mieux profiter de son présent ! On pourrait penser qu’il s’en moque tant la vie est plus devant que derrière lui. « Pourtant, les enfants adorent que l’on parle du temps d’avant leur naissance », raconte la généalogiste Sophie Boudarel. On les entend demander aux parents : « Comment c’était quand t’étais petit ? » Ou encore, on les voit s’amuser à regarder les photos de famille. « C’est toujours excitant pour eux de savoir d’où ils viennent », poursuit l’animatrice du site la-gazette-des-ancetres.fr

Devenir détective

Quand Sophie Boudarel anime des ateliers en milieu scolaire, les élèves lui demandent souvent si le métier de généalogiste, c’est de « parler avec les morts ». Elle préfère la définition de « détective de la famille ». Pour créer son arbre généalogique, rien de mieux que de jouer sur cette idée de chasse au trésor : l’enfant va enquêter, fouiller dans les photos, les objets, deviner, questionner ses proches, dessiner. Des aptitudes naturelles dès l’école primaire.

Se situer dans le temps

« Parler à des enfants de ses grands-parents et encore plus de ses arrière-grands-parents, ça revient à parler du temps à l’ère des dinosaures! » L’échelle du temps n’est pas évidente à comprendre. Cet arbre, c’est une occasion pour l’enfant de se positionner dans son époque, « de ne plus se croire au centre du monde mais de comprendre qu’avant et autour de lui, des vies liées à la sienne se sont construites ».

Son histoire dans le monde

Partir à la recherche de ses aïeux, c’est aussi traverser des décennies différentes. Tiens, papy est né dans les années 1940 : comment étaient les maisons, les voitures, les magasins, les vêtements, les musiques, les jouets à cette époque ? Les arrière-grands-parents sont Algériens, c’est où ce pays ? On cherche sur Internet, on demande de raconter grâce aux photos et objets. « Découvrir l’histoire et la géographie de l’intime permet de se réapproprier des racines, des récits familiaux. » Et de réviser, l’air de rien, l’histoire, la géo, les maths, la musique…

Quoi cacher ?

S’amuser à construire un arbre généalogique, c’est se préparer à certaines questions. Papy est mort de quoi ? Pourquoi tu ne sais pas qui est la mère de ton père ? Mamy, pourquoi t’es pas née en France ? « On ne triche pas avec un enfant, il faudra peut-être expliquer des choses douloureuses. » Parallèlement, l’arbre peut libérer la parole : « Je me souviens d’un élève qui, grâce à cet atelier, avait renoué le dialogue avec son père. » C’est aussi proposer à l’enfant d’interroger les proches de son choix, son histoire n’en sera que plus riche. Enfin, si sur son dessin, son chien, son chat ou son poisson rouge y figurent, laissez faire. Cet arbre, c’est sa vision de la famille, pas la vôtre.

Source;Article d’Ouest France