HISTOIRE (Extrait)

L’origine du nom  » Potherie « 
Elle pourrait venir du latin « poterhia » qui signifie : « là où il y a de l’eau ».
L’antique forêt des Echats aujourd’hui presque disparue, couvrait toute la contrée, mais parait avoir été de bonne heure défrichée de ce côté. L’église de St-Lambert est une des premières qu’on y trouve constituées, sur le bord mêmes des cultures nouvelles, dès le milieu du XIème siècle. Elle appartenait au Chapitre de St-Maimbeuf par le don des comtes et des rois, et lui fut confirmée vers 1154 par le pape Adrien IV. L’évêque Guillaume de Beaumont reconnut les droits des chanoines en 1212, à charge par eux de réserver sur les revenus 100 sols de rente pour la fabrique et autant pour le fêtage des chanoines qui venaient célébrer le service aux grandes fêtes. Les deux tiers des dîmes appartenaient d’ailleurs aux chanoines qui abandonnaient à leur vicaire perpétuel ou curé l’autre tiers et le revenu des novales

  La Féodalité
Le Chapitre de St-Maurille d’Angers était primitivement seigneur spirituel et temporel de la paroisse et avait érigé dès le XIVème s. des fourches patibulaires « en signe de justice à sang ». Pourtant le domaine terrier semble n’avoir été qu’un démembrement de la seigneurie de Bellenoue et en dépend encore au XIIIème s. Tandis que les chanoines rendaient aveu à Candé, la terre et seigneurie de St-Lambert-de-la-P., titrée de châtellenie, relevait de Neuville et avait pour manoir dans le bourg même un logis, nommé le Temple, qui existe toujours.

Passé en mains laïques, elle appartenait à « vénérable et scientifique messire René Vallin, docteur ès droits, chanoine pénitencier et official d’Angers, régent en l’Université, seigneur temporel de la châtellenie, terre et seigneurie de St-Lambert-de-la-Potherie » ; il fait construire en 1538 un moulin à eau à la chute de l’étang, au lieu de la Ferrauderie, de nos jours la Farauderie

En 1563, note Célestin Port, le Chapitre, par acte du 23 septembre de cette année céda tous ses droits à René le Poitevin puis en fit rescousse un mois plus tard, le 21 octobre. Il les affirma par suite et les fit reconnaître par justice à l’encontre de Simon de Chîvré, mari de Jacquine de Vaugiraud, qui avait installé un banc seigneurial dans le chœur (1586). Pourtant en 1575 n.h. René Le Poictevin prend la qualité de « seigneur de la châtellenie de St-Lamber-de-la-Potherie, y demeurant »; sa veuve, remariée à André Marchant, seigneur de la Chaussée, teste en 1583 (s.-série I B). Le manoir fut acquis en 1595 par n.h. Claude Saguier, qui en prit possession le 6 janvier suivant. N.h. Elie de Fay est, en 1599, « seigneur de la châtellenie de St-Lambert-de-la-Potherie » et vend le 1er juillet 1608 « la châtellenie, terre, fief et seigneurie » à Claude Lainer, sieur des Estres, de qui elle passe à Jacques Lainer, conseiller trésorier de France et général des finances à Tours puis, 1631, nommé lieutenant-général en la sénéchaussée siège présidial d’Angers (s.-série I B), maire d’Angers en 1639. Madeleine Lainer, fille du précédent, épouse Marin Boylesve de la Morousière », maître d’hôtel ordinaire du Roi, il meurt en 1678. Leur descendance conserve la seigneurie de St-Lambert jusqu’à la Révolution et acquit en 1704 le château de la Coltrie*. Jacques-Honoré Boylesve, sieur de la Morousière, acheta moyennant 1000 livres et par une transaction, le droit de seigneurie que lui contestaient encore les chanoines de St-Maurille.

  La période de la révolution
A la fin de l’Ancien Régime, la paroisse dépendait de l’Archidiaconé d’Outre Maine et du Doyenné de Candé, de l’Election et des Aides d’Angers, du District en 1788 de St-Georges, en 1790 d’Angers.

L’enquête de la Commission Intermédiaire note que, « la paroisse étant située entre des bois et des fonds aquatiques, nourrit peu de moutons. Il y a beaucoup de pauvres, étant un mauvais fond, et sans ressource de commerce. La paroisse est imposée à 15 minots. La gabelle y fait de grands ravages ».

La carte générale de l’Election ajoute: « Mauvais fond. 1/2 à seigle. Peu de froment, de lin et d’avoine. Ni orge, ni chanvres, ni blé noir, ni pommier, ni châtaignier. 112 en bois taillis et landes. Ne font commerce que de fagots qu’ils vendent à Angers ».

Le dernier seigneur fut Marin de Boylesve, seigneur de la Morousière, la Plissonière, La Tessoualie, St-Lambert-la-Potherie, Puy-Guyon, la Colleterie, St-Hilaire, et Beauchesne (v. A H., 1900, p. 458 et t. I, p. 493) député en 1787 à l’Assemblée Provinciale et délégué par l’ordre de la Noblesse à la Commission intermédiaire.

L’assemblée électorale pour les Etats Généraux se réunit le 8 mars 1789 au devant de la petite porte de l’église et à l’issue de la grand messe paroissiale ; elle se composait de Michel Huteau, syndic mnnicipal, Nicolas Tassin et Germain Périgault, membres de l’assemblée municipale de la dite paroisse, Joseph Roisnard, greffier de la municipalité, 14 métayers, de 8 fermiers, et pour le reste de filassiers, de couvreurs, de maréchaux, de journaliers. Le cahier de doléances est publié (v. Le Moy, t. Il, p.513).

Biens nationaux. La grange à dîmes, appartenant à la cure, est vendue le 21 mars 1792 à Jean Soreau (I Q 407).

La maison de la Bodinerie, dépendant du ci-devant legs des pauvres, est vendue le 15 mess. an IV (I Q 519). La cure le 17 messidor an IV à Nicolas Tassin, cultivateur (id.). Le grand cimetière, 4 thermidor an IV, à Toussaint Jouanneau, cultiv. (I Q 521).

  La chapelle
La chapelle de l’ancien château de la Coltrie, style XVeme s., conserve d’anciens vitraux provenant de l’église de St-Mathurin.

  La mairie
œuvre de l’arch. Dellêtre – qui se dresse au centre du bourg, comprenait à l’origine : une classe au rez-de-chaussée et une salle de mairie au 1er étage avec logement de fonction pour l’instituteur (adjudication des travaux le 9 août 1844).

Source: (lien ci-dessous)

Château de la Chaussée

Les châteaux de la Chaussée
Château de la Coltrie

de la Coltrie (XIXe S.).
détruit en 1978.


Les cimetières
L‘église, comme dans presque toutes les paroisses rurales était entourée avant la Révolution du petit cimetière, distant de 500 m du grand cimetière, que bordaient, sur le chemin d’Angers, des fossés profonds et des haies vives, et qui fut vendu à la Révolution.

En 1812, un morceau de terre appartenant au Sieur Toussaint Jouanneau, maire de la Commune, fut acquis par la municipalité, dans le but d’y installer le nouveau cimetière

Le monument aux morts
Il a été érigé dans le cimetière communal (délibération du C.M. en date du 6 juillet 1919). Une pyramide en pierre de Lavoux avec un piédestal sur lequel on peut lire les noms de 17 morts de la guerre 1914-1918 et des 6 morts de la guerre 1939-1945 ; ce monument a été fourni par la maison Veuve Rouillard d’Angers

  Le presbytère
En 1745, une expertise de la cure énumère cuisine, vestibule et salon, degré tournant à marches ardoisines, deux chambres hautes ; au haut du degré (sans doute en tourelle) se trouvait un pigeonnier dans la cour cellier, toit à porcs, poulailler, boulangerie, écurie, étable. L’année suivante ce bâtiment fut modernisé de fond en comble par le curé. Vendu pendant la Révolution, racheté à l’acquéreur par la famille de Boylesve et donné à la fabrique en 1836, placé sous séquestre en 1889 et remis au bureau de bienfaisance, il devient en 1916 propriété du comte de l’Estoille qui le remet en 1935 à l’Association Diocésaine.

L’église

Dédiée à St Lambert, évêque de Maéstricht. Quoique modernisée au XIXème s.,
elle présente encore d’anciennes ouvertures romanes visibles dans son mur nord,
vers le jardin du presbytère. Intérieurement se remarquent deux statues de St Maurice
et de St Maurille et deux autels latéraux construits en 1717 par l’architecte Poisson
et le sculpteur Dubois.

Le chœur, voûté en croisée d’ogives meneaux saillants, sans clé, est éclairé
par un médiocre vitrail moderne. Une travée, en avant de la nef, porte,
accolé de quatre énormes contreforts, le clocher reconstruit en 1828 par l’architecte François (33 J 12).

Une cloche, prénommée Antoine, a été baptisée le 4 mai 1986 par Mgr Orchampt ; elle pèse 465kg.

   Le monument aux morts
Il a été érigé dans le cimetière communal (délibération du C.M. en date du 6 juillet 1919). Une pyramide en pierre de Lavoux avec un piédestal sur lequel on peut lire les noms de 17 morts de la guerre 1914-1918 et des 6 morts de la guerre 1939-1945 ; ce monument a été fourni par la maison Veuve Rouillard d’Angers

Le clergé pendant la révolution
Le curé Louis Ganne décède le 11 décembre 1790. Le desservant Jean-François Millet refuse de prêter serment, est exilé et, de retour au Concordat, est nommé desservant de St-Laurent-des-Autels où il décède le 10 septembre 1804.

Le culte constitutionnel est célébré par Auguste-Pierre Retureau, vicaire élu à La Meignanne le 13 mars 1791 qui signe comme officier public à partir de 1792 et abdique toute fonction ecclésiastique le 8 frimaire an II. Il fut, par la suite, confiseur à Angers.

Le culte clandestin est assuré en 1795 et 1796 par Jean Baudouin, vicaire d’Avrillé, puis à partir du 4 décembre 1796 par François-René Lardeux vicaire d’Armaillé. Il est maintenu dans ses fonctions au Concordat et décède à Pouancé le 15 septembre 1828

Les registres paroissiaux
Ils remontent à 1575. Ils sont conservés aux Archives Départementales du Maine et Loire. On y lit, entre autres, qu’en septembre 1594 la paroisse se rendit en procession et « en ordre de prières » à N.-D. des Ardilliers de Saumur, distante de treize lieues, avec celles du Loroux, de St-Clément-de-la-Place, St-Jean-des-Marais, La Meignanne, La Membrolle, Le Plessis-Macé, Bécon, St-Augustin-des-Bois, Villemoisan, Champtocé et St-Germain-des-Prés.

http://www.saintlambertlapotherie.fr/presentation/hist_geo.php#monument

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